Colliers GPS : l'arrêté du 9 juillet 2026 lève la restriction horaire
Le sujet empoisonnait les discussions depuis des années. L'arrêté du 9 juillet 2026 relatif aux dispositifs de localisation tranche enfin une question que la pratique posait tous les dimanches : peut-on suivre son chien au GPS pendant que la chasse se déroule ?
Ce que disait l'ancien cadre
La rédaction antérieure reposait sur une distinction temporelle que beaucoup jugeaient absurde. Le dispositif était admis pour retrouver un chien une fois l'action de chasse achevée, mais son emploi pendant celle-ci prêtait à discussion.
Le résultat pratique était paradoxal : le conducteur pouvait localiser son chien lorsque le danger était passé, mais pas au moment où il courait, franchissait une route ou disparaissait dans un secteur à risque. C'est précisément l'inverse de ce que la sécurité de l'animal appelle.
L'ancien texte autorisait à retrouver son chien quand tout était fini, et le laissait sans suivi au moment précis où il risquait le plus.
Ce que le nouvel arrêté autorise
| Situation | Avant | Depuis le 9 juillet 2026 |
|---|---|---|
| Suivi du chien avant l'action | Discuté | Autorisé |
| Suivi pendant l'action | Restreint | Autorisé |
| Récupération après l'action | Autorisé | Autorisé |
| Localisation du gibier | Interdit | Interdit |
| Radio hors grand gibier collectif | Non prévu | Étendu à tous les modes |
Le second volet du texte est passé plus inaperçu et n'est pas mineur : l'emploi d'émetteurs et de récepteurs radiophoniques n'est plus cantonné à la chasse collective au grand gibier. Il devient utilisable dans l'ensemble des modes de chasse, ce qui concerne notamment les équipes réduites et les chasses individuelles où la coordination reste un enjeu de sécurité.
La limite, elle, ne bouge pas
Il serait faux d'en conclure à une libéralisation générale de l'assistance électronique. L'interdiction de localiser le gibier par un moyen électronique demeure entière. Le dispositif suit le chien ; il ne doit à aucun moment servir à situer l'animal poursuivi ni à orienter un chasseur vers lui.
La distinction est plus subtile qu'il n'y paraît sur le terrain, puisque la position d'une meute renseigne indirectement sur celle de l'animal qu'elle poursuit. C'est sur cette frontière que se jouera l'application concrète du texte, et la prudence commande de s'en tenir à sa finalité affichée : la sécurité et la récupération de l'auxiliaire.
Ce que cela change pour l'équipement
Sur le plan du matériel, la clarification lève une hésitation qui freinait certains conducteurs. Un collier de localisation n'est utile que s'il peut être consulté au moment où le chien travaille : l'autonomie, la qualité de réception en relief accidenté et la lisibilité du terminal en pleine lumière deviennent des critères de choix pleinement pertinents.
Rappelons qu'un collier de localisation n'est pas un collier de dressage : ce sont deux catégories distinctes d'équipement, soumises à des débats et à des règles différents, que la discussion publique confond régulièrement.
Un texte qui suit la pratique
Cette évolution illustre un mouvement plus large : la réglementation cynégétique rattrape des usages déjà installés. Le collier de localisation équipe la majorité des conducteurs de chiens courants depuis des années, et la restriction antérieure produisait surtout de l'insécurité juridique, chacun l'interprétant à sa manière selon les départements.
En alignant le droit sur une pratique généralisée et en la rattachant explicitement à un objectif de sécurité, le texte fait disparaître une zone grise qui exposait des chasseurs de bonne foi. Il déplace du même coup le contrôle vers l'usage réellement problématique, celui du détournement vers le gibier, qui reste seul sanctionné.
Vérifier ce qui s'applique localement
Un arrêté national fixe le cadre, il n'épuise pas la question. Des restrictions départementales ont existé — le Gard en a fourni un exemple récent, avec une limitation d'usage suivie d'une reprise du dialogue entre la fédération et les associations de chiens courants.
Le réflexe reste donc le même que pour toute évolution de réglementation : vérifier auprès de sa fédération départementale ce qui s'applique effectivement sur son territoire avant de considérer la question comme définitivement réglée.
D'après l'arrêté du 09/07/2026, rapporté par Le Chasseur Français et Chasse Passion.
Questions fréquentes
- Peut-on désormais utiliser le collier GPS pendant l'action de chasse ?
- Oui. L'arrêté du 9 juillet 2026 autorise l'usage des dispositifs de localisation à tout moment — avant, pendant et après l'action de chasse — dès lors qu'il s'agit de retrouver le chien ou d'assurer sa sécurité immédiate.
- Le GPS peut-il servir à localiser le gibier ?
- Non, et c'est la limite expresse du texte. Détourner le dispositif pour situer un animal poursuivi ou guider un chasseur vers lui reste interdit. L'autorisation porte sur le chien, pas sur le gibier.
- Qu'est-ce qui change pour les talkies-walkies ?
- L'emploi d'émetteurs et de récepteurs radiophoniques n'est plus réservé à la chasse collective au grand gibier : il est étendu à l'ensemble des modes de chasse.
- Des interdictions locales peuvent-elles subsister ?
- Des restrictions départementales ont existé, comme dans le Gard où l'usage du GPS avait été limité avant d'être rediscuté entre la fédération et les associations de chiens courants. Il reste donc prudent de vérifier qu'aucune disposition locale particulière ne s'applique.
En résumé
- Le texte règle une incohérence de terrain : le chien pouvait être suivi une fois la chasse finie, mais pas pendant, au moment où le risque est le plus élevé.
- L'autorisation est fondée sur la sécurité de l'auxiliaire, pas sur l'efficacité de la chasse.
- Détourner le GPS pour situer un animal poursuivi reste une infraction, et c'est sur ce point que se jouera l'application du texte.
- Des restrictions locales ont existé par le passé : vérifier qu'aucune disposition départementale ne subsiste reste prudent.