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Louveterie : le Var rouvre quatre postes et rappelle ce qu'exige le mandat

Louveterie : le Var rouvre quatre postes et rappelle ce qu'exige le mandat
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La préfecture du Var a rouvert un appel à candidatures pour recruter des lieutenants de louveterie sur quatre circonscriptions du département. Publié par les services de l'État dans le Var et relayé fin août par la presse régionale, l'avis court jusqu'au 15 octobre 2026. Il met en lumière une fonction que beaucoup de chasseurs côtoient en battue ou en tir de nuit sans en connaître le cadre exact.

Quatre secteurs, quatre situations qui n'ont rien à voir

L'appel ne relève pas d'une campagne de recrutement uniforme. Selon l'avis publié par les services de l'État dans le Var, chacun des quatre secteurs concernés répond à un motif distinct, ce qui explique que les postes proposés ne soient pas tous de même nature — une mécanique administrative que suit de près notre rubrique réglementation.

SecteurPoste à pourvoirMotif
N° 6SuppléantMissions « loup » autour du camp militaire de Canjuers
N° 9SuppléantMissions « loup » autour du camp militaire de Canjuers
N° 18TitulaireSecteur vacant après la démission du titulaire
N° 20SuppléantSuccession programmée : le titulaire atteint la limite d'âge le 26 octobre 2027

Les deux postes de Canjuers sont motivés, précise l'avis préfectoral, par les dégâts causés aux troupeaux par la prédation du loup sur les communes du secteur. Ils sont donc orientés vers une mission bien identifiée, alors que le secteur 18 réclame un titulaire capable de couvrir l'ensemble des interventions. Ce recrutement ciblé prolonge sur le terrain les arbitrages nationaux que nous avons détaillés à propos du quota de loups porté à 21 et du changement de statut de l'espèce.

Un agent auxiliaire de l'État, pas un chasseur de plus

La confusion est fréquente entre le lieutenant de louveterie, le garde particulier et le chasseur qui participe à une battue : les trois n'ont ni le même statut ni la même légitimité. Le louvetier est nommé par le préfet et agit comme auxiliaire de l'administration, dont il est le conseiller technique pour les questions de faune sauvage, y compris sanitaires.

Ses interventions ne dépendent pas du calendrier cynégétique. Elles se déclenchent sur décision préfectorale, souvent dans l'urgence, et couvrent quatre familles de missions selon l'avis varois :

  • le conseil technique auprès de l'administration ;
  • des tirs de régulation, de jour comme de nuit, sur les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts — sanglier, renard, pigeon, fouine, ragondin, blaireau ;
  • l'organisation des battues administratives, placées sous son contrôle technique ;
  • des missions nocturnes de défense des troupeaux ovins et caprins dans les foyers de prédation du loup.

C'est ce dernier point qui donne au poste sa dimension la plus exposée. Le louvetier devient l'exécutant de terrain des tirs de défense ordonnés par le préfet, au point de contact entre la protection d'une espèce et celle d'un élevage. Sur le sanglier, il intervient là où la chasse ordinaire ne suffit plus à contenir une population dont nous avons décrit la dynamique dans notre dossier sur la biologie et la gestion d'une espèce en expansion.

Des conditions d'accès plus lourdes qu'on ne l'imagine

L'article R. 427-3 du code de l'environnement fixe les conditions d'entrée, et l'avis varois les reprend une à une. Il faut être de nationalité française, résider dans le département ou un canton limitrophe, avoir moins de 75 ans, jouir de ses droits civiques et présenter une condition physique compatible avec la fonction. Il faut surtout être titulaire du permis de chasser depuis au moins cinq ans et justifier d'une réelle compétence cynégétique.

S'y ajoute une exigence que peu de candidats anticipent : l'engagement écrit de pouvoir mobiliser, sans nécessairement en être propriétaire, soit quatre chiens courants au minimum réservés au sanglier ou au renard, soit au moins deux chiens de déterrage. L'adresse du chenil doit être précisée, la direction départementale des territoires et de la mer pouvant vérifier ensuite la réalité de cet engagement. Le dossier réclame par ailleurs un certificat médical de moins de deux mois, et toute candidature incomplète est écartée sans examen.

Nommés jusqu'au 31 décembre 2029, ces lieutenants de louveterie exerceront leurs missions de service public à titre entièrement bénévole.

Un mandat qui coûte à celui qui l'exerce

C'est la donnée la moins visible et sans doute la plus déterminante. La lettre de motivation doit démontrer, indique l'avis, les moyens que le candidat est prêt à mobiliser : véhicule, équipement, armes. Le louvetier met donc à disposition de l'État son temps, ses connaissances, son matériel et son chenil, sans rémunération, tenu de surcroît à un devoir de réserve permanent.

Cette économie explique la difficulté récurrente à pourvoir certains secteurs, en particulier ceux qui cumulent pression du sanglier et présence du loup. Elle éclaire aussi la logique de la suppléance : recruter dès 2026 le successeur d'un titulaire qui partira en octobre 2027, c'est se donner le temps de former quelqu'un plutôt que de laisser une circonscription sans interlocuteur.

Ce que le calendrier impose aux candidats

Les dossiers doivent parvenir à la DDTM du Var, service agriculture et forêt, au plus tard le 15 octobre 2026, le cachet de la poste faisant foi. L'examen des candidatures, éventuellement complété d'un entretien, interviendra au dernier trimestre 2026, sur des critères qui dépassent l'adresse au tir : aptitude au commandement, diplomatie, disponibilité, capacité à rendre compte. On retrouve là les qualités attendues de tout encadrant sur le terrain, celles-là mêmes qui distinguent le responsable de chasse et le chef de ligne dans une battue.

D'après Les services de l'État dans le Var, 11/08/2026, et Nice-Matin, 30/08/2026.

Questions fréquentes

Un lieutenant de louveterie est-il rémunéré pour ses interventions ?
Non. Le mandat s'exerce à titre bénévole, comme le rappelle l'avis de la préfecture du Var. Le louvetier met à disposition son temps, ses connaissances, son véhicule, ses armes et son chenil. Seule une prise en charge de certains frais peut exister, selon les modalités retenues département par département.
Faut-il être chasseur depuis longtemps pour devenir lieutenant de louveterie ?
Oui. Le code de l'environnement exige d'être titulaire du permis de chasser depuis au moins cinq ans et de justifier d'une bonne compétence cynégétique. L'administration attend en outre une connaissance solide de la réglementation de la chasse et des règles de sécurité, vérifiée lors de l'examen du dossier.
Quelle différence entre une battue administrative et une battue de chasse ?
La battue de chasse relève des détenteurs du droit de chasse et s'inscrit dans la saison cynégétique. La battue administrative est ordonnée par le préfet, peut intervenir en dehors des périodes d'ouverture et se déroule sous le contrôle technique du lieutenant de louveterie, qui en assume la responsabilité.
Pourquoi recruter un suppléant plus d'un an avant le départ du titulaire ?
Le titulaire du secteur 20 atteindra la limite d'âge le 26 octobre 2027. Recruter son suppléant dès 2026 permet de le faire entrer progressivement dans la circonscription et d'éviter qu'un secteur se retrouve sans interlocuteur du jour au lendemain.
Que se passe-t-il si le dossier de candidature est incomplet ?
Il est écarté sans examen sur le fond. L'avis varois est explicite et liste les pièces obligatoires, dont un certificat médical de moins de deux mois, la fiche relative aux chiens et une copie du permis de chasser accompagnée de sa validation.

En résumé

  • Le Var illustre une difficulté qui dépasse ses frontières : trouver des candidats pour une fonction exigeante que rien ne rémunère.
  • Les quatre secteurs ouverts recouvrent trois situations distinctes — renfort sur les missions loup, secteur vacant après démission, succession anticipée d'un titulaire atteignant la limite d'âge.
  • Les conditions d'accès filtrent lourdement : ancienneté du permis de chasser, condition physique, chenil vérifiable et dossier complet sous peine d'exclusion.
  • En pratique, le louvetier est le maillon qui traduit une décision préfectorale en intervention de terrain, du tir de nuit à la défense d'un troupeau.
  • Les candidatures se clôturent le 15 octobre 2026, pour un examen au dernier trimestre et une nomination courant jusqu'à fin 2029.