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Pestes porcines : la surveillance en faune sauvage remise à plat

Pestes porcines : la surveillance en faune sauvage remise à plat
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Le cadre national de surveillance des pestes porcines dans la faune sauvage vient d'être entièrement refondu. L'instruction technique DGAL/SDSBEA/2026-479, signée le 31 juillet 2026 et publiée le 8 août au Bulletin officiel du ministère de l'Agriculture, abroge et remplace l'instruction DGAL/SDSPA/2018-938 du 21 décembre 2018, qui régissait le sujet depuis la crise de peste porcine africaine apparue à la frontière belge. La Fédération Nationale des Chasseurs en a livré sa lecture cynégétique le 26 août 2026, à quelques jours des premières ouvertures générales.

Un texte de 2018 écrit dans l'urgence, un texte de 2026 écrit à froid

L'instruction de 2018 avait été prise dans un contexte de menace immédiate : des sangliers infectés venaient d'être découverts en Belgique, à quelques kilomètres des Ardennes françaises. Celle de 2026 arrive dans une situation différente, où la France reste indemne mais où le virus circule toujours dans plusieurs pays européens.

La différence la plus visible entre les deux textes ne tient pas à leur objet, resté identique — la surveillance événementielle des pestes porcines dans la faune sauvage — mais à leur épaisseur.

Le document de 2018 tenait dans un PDF de 670 kilo-octets. Celui de 2026 en pèse 8 926, soit treize fois plus, pour un objet inchangé : c'est la mesure du degré de détail que l'administration a jugé nécessaire d'atteindre.

Le changement de service rédacteur mérite aussi d'être relevé. Le texte n'émane plus de la sous-direction de la santé et de la protection animales, mais de la sous-direction de la santé et du bien-être animal, dans une direction générale de l'alimentation réorganisée depuis 2018. Ses destinataires d'exécution restent les mêmes relais de terrain : DRAAF, DAAF, DDT(M) et DD(CS)PP.

Élément comparéInstruction de 2018Instruction de 2026
RéférenceDGAL/SDSPA/2018-938DGAL/SDSBEA/2026-479
Date de signature21 décembre 201831 juillet 2026
Date de publication21 décembre 20188 août 2026
Volume du document670 ko8 926 ko
StatutAbrogéeEn vigueur

Le sanglier trouvé mort reste la cible numéro un

Le premier niveau du dispositif repose sur ce que les épidémiologistes appellent la surveillance événementielle : on ne cherche pas la maladie au hasard, on analyse ce que le terrain fait remonter. Selon la Fédération Nationale des Chasseurs, dans sa présentation du 26 août 2026, les fédérations départementales et l'Office français de la biodiversité y sont directement associés à travers le réseau SAGIR, dispositif historique de suivi sanitaire de la faune sauvage.

Deux situations déclenchent une remontée d'information de la part du chasseur :

  • la découverte d'un sanglier trouvé mort, quelle qu'en soit la cause apparente : c'est la cible prioritaire de la surveillance, et elle donne lieu à prélèvements et analyses ;
  • la présence de signes cliniques ou de lésions suspectes sur un sanglier prélevé à la chasse, qui doit elle aussi être signalée.

Ce second point rejoint un geste déjà entré dans les habitudes de beaucoup d'équipes : l'examen de l'animal avant sa mise sur le marché ou sa consommation. On en retrouve la logique dans la fiche d'examen initial du gibier passée au numérique, qui organise la traçabilité de ces observations.

Ce que déclenche une montée du niveau de risque

Le dispositif est gradué. Tant que le risque reste faible, la surveillance passive suffit. Lorsqu'il s'élève, l'instruction prévoit de basculer vers une recherche active de cadavres de sangliers, qui mobilise les acteurs de terrain dans un cadre contraint. La Fédération Nationale des Chasseurs cite, pour les situations de risque élevé, quatre outils opérationnels : des patrouilles de chasseurs volontaires, des opérations de prospection et de ratissage, des chiens de détection et, le cas échéant, des drones.

Ces opérations ne s'improvisent pas : elles s'exécutent dans le respect de protocoles de biosécurité stricts, car le vecteur de propagation le plus redouté reste l'humain — bottes, véhicules, matériel de découpe. C'est exactement ce qu'illustre la suspension totale de la chasse décidée par la Finlande dans sa zone infectée : quand le virus est présent, la circulation des hommes devient le premier paramètre à maîtriser.

Deux maladies, un seul dispositif

Le pluriel du titre officiel n'est pas anodin : l'instruction couvre à la fois la peste porcine africaine et la peste porcine classique. Ce sont deux maladies virales des suidés, sans danger pour l'homme, mais aux conséquences économiques lourdes pour la filière porcine et pour les échanges commerciaux. Aucune n'est aujourd'hui installée dans la faune sauvage française, ce qui explique que tout le dispositif soit tourné vers la détection précoce plutôt que vers la gestion de foyers.

Pour le chasseur, la conséquence pratique tient en une phrase : un sanglier trouvé mort n'est plus un déchet de nature, c'est une donnée sanitaire. Le réflexe attendu est le signalement à la fédération départementale ou au service de l'État, sans manipulation inutile. Les autres volets de cette préparation sont détaillés dans notre article sur ce que la préparation française à la peste porcine africaine attend des chasseurs, et l'ensemble des textes qui encadrent la saison est suivi dans notre rubrique consacrée à la réglementation de la chasse.

D'après le Bulletin officiel du ministère de l'Agriculture, 08/08/2026, et la Fédération Nationale des Chasseurs, 26/08/2026.

Questions fréquentes

Que faire si je trouve un sanglier mort sur mon territoire ?
Signalez-le sans tarder à votre fédération départementale des chasseurs ou au service de l'État compétent, et évitez toute manipulation inutile de l'animal. Le prélèvement et l'analyse relèvent du réseau SAGIR, pas du chasseur. Notez la localisation la plus précise possible et l'état apparent du cadavre : ce sont les deux informations les plus utiles.
La peste porcine africaine est-elle dangereuse pour l'homme ?
Non. La peste porcine africaine comme la peste porcine classique n'affectent que les suidés, porcs domestiques et sangliers. Le risque est économique et sanitaire pour la filière porcine, pas pour le consommateur. Cela ne dispense évidemment pas des règles d'hygiène habituelles sur le gibier.
Un sanglier prélevé sans anomalie apparente doit-il être signalé ?
Non. La surveillance événementielle ne porte que sur les animaux trouvés morts et sur ceux qui présentent des signes cliniques ou des lésions suspectes à l'examen. C'est précisément l'intérêt de pratiquer un examen initial sérieux avant la mise sur le marché ou la consommation.
Qu'est-ce que le réseau SAGIR ?
C'est le réseau national de surveillance sanitaire de la faune sauvage, animé conjointement par l'Office français de la biodiversité et les fédérations départementales des chasseurs. Il collecte et fait analyser les animaux sauvages trouvés morts ou malades. Il ne se limite pas aux pestes porcines : il couvre l'ensemble des maladies de la faune sauvage.
Cette instruction change-t-elle les dates ou les modalités de chasse ?
Non, ce n'est pas son objet : elle organise la surveillance sanitaire, pas l'exercice de la chasse. D'éventuelles restrictions ne pourraient découler que de décisions préfectorales ou ministérielles distinctes, prises si un cas venait à être confirmé sur le territoire.

En résumé

  • La France remplace un texte écrit dans l'urgence de 2018 par un cadre nettement plus détaillé, alors que le pays reste indemne.
  • Rien ne change dans le geste attendu du chasseur : signaler tout sanglier trouvé mort et toute lésion suspecte sur un animal prélevé.
  • Ce qui change, c'est la précision avec laquelle l'État décrit la montée en puissance du dispositif si le risque s'élève.
  • Les fédérations départementales et l'OFB restent les points d'entrée du signalement, à travers le réseau SAGIR.
  • La biosécurité des opérateurs devient un point aussi encadré que la détection elle-même.