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Landes : six carrés de 25 m² pour mesurer la repousse après l'incendie

Landes : six carrés de 25 m² pour mesurer la repousse après l'incendie
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La fédération départementale des chasseurs des Landes vient d'engager la phase de mesure de son travail sur les surfaces brûlées du massif landais. Après un premier diagnostic de la zone incendiée, ses équipes techniques ont installé six quadrats d'étude « Biodiversité » entre Parentis-en-Born et Biscarrosse, rapporte Le Chasseur Français le 13 août 2026. Des écologues y suivront pendant un an la reconquête du sol par la végétation.

Six carrés de 25 m² tenus par quatre piquets

Le dispositif est volontairement rustique. Chaque quadrat correspond à une parcelle permanente de 5 mètres sur 5, matérialisée par quatre piquets, selon la même source. Rien d'autre : ni clôture, ni instrumentation. Toute la valeur du protocole tient dans la permanence du repère, qui garantit que les relevés successifs portent bien sur la même surface de sol.

Les parcelles ont été placées en bordure des pistes DFCI — le réseau de Défense des Forêts Contre l'Incendie qui quadrille le massif — afin d'être repérables à chaque passage. Une affichette pédagogique explique la démarche aux promeneurs. La fédération demande expressément de ne pas déplacer les piquets ni pénétrer à l'intérieur des carrés, le piétinement suffisant à ruiner la comparaison entre deux campagnes.

Ce que les écologues vont réellement compter

Dans chaque quadrat, le protocole prévoit trois familles de relevés, toujours selon Le Chasseur Français du 13 août 2026 :

  • l'identification des espèces pionnières, c'est-à-dire les premières plantes qui recolonisent un sol nu après le passage du feu ;
  • la vitesse de repousse de la végétation ;
  • le taux de recouvrement, soit la part de sol effectivement masquée par le végétal.

Les observations sont programmées dans un mois, dans six mois, puis dans un an. Ce calendrier n'est pas neutre : il cale les relevés sur les trois moments où la dynamique d'un sol brûlé change de nature — la germination d'urgence, la première saison complète de croissance, puis la reprise des ligneux.

Le vrai point technique : les quadrats témoins

L'élément qui distingue ce suivi d'une simple observation de terrain se trouve ailleurs que dans la zone brûlée. Les résultats seront comparés à ceux de quadrats témoins installés dans des secteurs voisins non brûlés.

Sans zone témoin, un suivi post-incendie ne mesure pas l'effet du feu : il mesure le passage des saisons. C'est le carré épargné, et lui seul, qui transforme une observation en donnée exploitable.

La comparaison permet de séparer ce qui relève de l'incendie de ce qui relève de la pluviométrie de l'année, de la nature du sol ou de la sylviculture en place. C'est la même logique méthodologique que celle qui gouverne les indicateurs de changement écologique appliqués au grand gibier : on ne cherche pas un chiffre absolu, on cherche une tendance mesurée toujours de la même façon.

Quadrat en zone brûléeQuadrat témoin
EmplacementSurface parcourue par le feuMilieu voisin épargné
Ce qu'il mesureRepousse observée après incendieÉvolution normale de la végétation
Sans luiImpossible d'attribuer la repousse au feu plutôt qu'à la saison

Une donnée botanique qui finira en décision cynégétique

Un relevé de flore peut sembler éloigné de la pratique de la chasse. Il en est pourtant l'amont direct. Le petit gibier de plaine et de lande dépend des strates basses : le couvert herbacé fournit l'abri de reproduction, la strate arbustive la protection contre les prédateurs, et la diversité des pionnières la ressource alimentaire des premières années. Documenter la vitesse à laquelle ces strates reviennent, c'est documenter la date à laquelle un territoire peut de nouveau porter une population chassable.

La démarche landaise se distingue par là de la réponse retenue dans les Pyrénées-Orientales, où les chasseurs ont fermé eux-mêmes le petit gibier après l'incendie de Trévillach. Là une décision de prélèvement immédiate, ici la construction d'une série de données. Les deux ne s'opposent pas : la seconde donne au fil des ans les arguments qui manquent à la première, souvent prise dans l'urgence et sans référence chiffrée.

Ce travail s'ajoute enfin aux restrictions administratives prises pendant l'été sur les territoires de chasse. Sur les massifs sinistrés, le préfet dispose de leviers de suspension de la chasse que les fédérations ne maîtrisent pas. Les premiers résultats du suivi, annoncés au fil des saisons par la fédération landaise, leur donneront de quoi discuter la levée de ces mesures sur autre chose que des impressions de terrain.

D'après Le Chasseur Français, 13/08/2026, et Chasse Passion, 12/08/2026.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un quadrat, concrètement ?
C'est un carré de terrain de dimensions fixes, matérialisé de façon durable, à l'intérieur duquel on répète exactement les mêmes relevés à intervalles réguliers. Dans les Landes, il mesure 5 mètres sur 5, soit 25 m², et il est tenu par quatre piquets. L'intérêt n'est pas la surface, qui reste petite, mais le fait de revenir mesurer au même endroit avec la même méthode.
Pourquoi installer aussi des quadrats en zone non brûlée ?
Sans point de comparaison, une repousse observée un an après le feu ne prouve rien : la végétation aurait de toute façon évolué avec les saisons, la pluviométrie et la gestion forestière. Le quadrat témoin, placé dans un milieu voisin épargné, fournit la référence qui permet d'attribuer réellement à l'incendie ce que l'on mesure dans la zone brûlée.
En quoi un suivi botanique intéresse-t-il un chasseur ?
La faune de plaine et de lande dépend directement de la strate herbacée et arbustive : couvert de reproduction, abri contre les prédateurs, ressource alimentaire. Savoir en combien de temps ces strates se reconstituent, et avec quelles espèces, revient à savoir à partir de quand un territoire peut de nouveau porter du petit gibier et supporter un prélèvement.
Que sont les pistes DFCI mentionnées dans le dispositif ?
Ce sont les voies de Défense des Forêts Contre l'Incendie, un réseau de pistes carrossables qui quadrille les massifs pour permettre aux secours d'accéder aux foyers. Les quadrats ont été volontairement placés en bordure de ces pistes afin d'être retrouvés facilement à chaque campagne de relevés, sans piétiner le milieu pour y accéder.

En résumé

  • Après un premier diagnostic de la zone brûlée, la fédération des chasseurs des Landes est passée à une phase de mesure sur le long terme.
  • Le dispositif repose sur six carrés permanents de 25 m² et sur des carrés témoins en zone épargnée, seule façon de distinguer l'effet du feu de l'effet ordinaire de la saison.
  • Trois campagnes de relevés sont prévues sur un an, avec des résultats communiqués au fil des saisons.
  • Pour le gestionnaire cynégétique, la vitesse de reconstitution des strates basses conditionne le retour du petit gibier et donc les décisions de prélèvement des saisons à venir.
  • La démarche complète, sur le registre de la connaissance, les mesures de restriction déjà prises ailleurs après les feux de l'été 2026.