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Fauconnerie : une chasse où le prélèvement ne dépend pas du chasseur

Fauconnerie : une chasse où le prélèvement ne dépend pas du chasseur
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Près d'une centaine de fauconniers se sont retrouvés en Bretagne à l'automne 2025, pour l'un de ces rassemblements qui rythment la vie d'une discipline confidentielle. Confidentielle par le nombre de ses pratiquants, mais pas par son ancienneté : la chasse au vol compte parmi les plus anciennes formes de chasse organisée.

Une inversion qui définit tout

La chasse au vol se distingue de tous les autres modes par un point de principe. Le chasseur ne prélève pas. Il prépare son oiseau, choisit le terrain, apprécie le vent et le moment, puis lâche. À partir de là, l'action lui échappe entièrement.

Le rapace poursuit ou renonce, capture ou manque, selon ses propres critères. Aucun geste du fauconnier ne peut infléchir l'issue une fois l'oiseau parti. Cette dépossession volontaire est le cœur de la pratique, et ce qui explique son rapport particulier au résultat.

Le fauconnier crée les conditions ; c'est l'oiseau qui décide. Le prélèvement n'est jamais une intention, seulement une issue possible.

Le poids de vol, discipline quotidienne

La relation avec l'oiseau ne repose pas sur l'affection mais sur un équilibre physiologique précis, le poids de vol. C'est le poids auquel le rapace est le plus disposé à chasser : suffisamment motivé pour répondre, suffisamment fort pour agir.

Cet équilibre se contrôle par la pesée, tous les jours, et se corrige par l'alimentation. Trop lourd, l'oiseau ignore le fauconnier et part se percher. Trop léger, il s'affaiblit et perd ses moyens. Il n'existe pas de réglage acquis une fois pour toutes : le poids varie avec la saison, la mue, la température et l'activité.

Un engagement qui ne connaît pas de morte-saison

Chasse à tirChasse au vol
Auteur de la captureLe chasseurL'oiseau
Engagement hors saisonEntretien du matérielSoins et travail quotidiens
Taux de réussiteVariableFaible, l'échec est la norme
Cadre administratifPermis validéPermis + autorisations de détention

C'est la différence la plus lourde de conséquences pratiques. Un fusil se range en fin de saison ; un rapace se nourrit, se pèse, se soigne et se travaille toute l'année. La mue, période délicate, demande une attention particulière et suspend la chasse plusieurs semaines.

À cela s'ajoute un cadre administratif propre. Ces oiseaux relèvent d'espèces protégées : leur détention suppose des autorisations spécifiques, avec marquage et tenue de registre, indépendantes du permis de chasser lui-même. C'est un pan de réglementation distinct de celui que connaissent les autres chasseurs.

Des oiseaux et des gibiers différents

Toutes les espèces employées ne chassent pas de la même manière, et le choix de l'oiseau détermine le type de terrain comme le gibier accessible. Les faucons, qui attaquent en piqué depuis une position haute, demandent des espaces dégagés où le vol peut se déployer. Les autours et éperviers, taillés pour la poursuite dans le couvert, travaillent en milieu fermé, au plus près des haies et des bosquets.

Cette diversité explique que la fauconnerie ne se pratique pas partout de la même façon. Le fauconnier choisit son oiseau en fonction du pays qu'il a sous la main, et non l'inverse : un terrain compartimenté de bocage n'offrira jamais les conditions d'un vol de haut vol en plaine ouverte.

Une pratique reconnue par l'Unesco

L'art de la fauconnerie figure sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Cette inscription, portée par de nombreux pays, reconnaît une pratique partagée bien au-delà de l'Europe et transmise de génération en génération, avec son vocabulaire, ses gestes et ses objets.

Elle salue aussi une continuité rare : les principes du dressage et le vocabulaire employé aujourd'hui viennent en droite ligne des traités médiévaux, sans rupture technique majeure.

Une chasse de faible prélèvement

Il faut le dire clairement, car cela surprend souvent : la fauconnerie prélève peu. Les échecs sont nombreux, les vols sans résultat constituent l'ordinaire, et le nombre de pratiquants reste très limité en France.

Son intérêt se situe ailleurs — dans la relation construite avec l'oiseau, dans la lecture du terrain et dans l'observation d'un comportement de prédation naturel. C'est ce qui la rapproche des autres traditions cynégétiques, où la manière compte davantage que le tableau.

D'après Ouest-France, 18/11/2025, et Le Chasseur Français, 17/12/2025.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la fauconnerie exactement ?
C'est la chasse d'un gibier sauvage, dans son milieu naturel, au moyen d'un oiseau de proie dressé. Le rapace effectue la capture ; le fauconnier prépare l'oiseau, choisit le terrain et les circonstances du vol, mais n'intervient pas dans l'action elle-même.
Faut-il un permis de chasser pour pratiquer ?
Oui, le permis de chasser validé reste nécessaire, mais il ne suffit pas. La détention d'un rapace suppose des autorisations administratives spécifiques, liées au statut protégé de ces espèces, avec des obligations de marquage et de tenue de registre.
Qu'est-ce que le poids de vol ?
C'est le poids auquel l'oiseau est le plus réactif et le plus disposé à chasser. Le fauconnier le contrôle quotidiennement par la pesée et ajuste l'alimentation en conséquence. Un oiseau trop lourd ne chasse pas ; un oiseau trop léger s'affaiblit. Cet équilibre demande une attention de tous les jours.
La fauconnerie est-elle reconnue comme patrimoine ?
Oui. L'art de la fauconnerie figure sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité établie par l'Unesco, au titre d'une pratique partagée par de nombreux pays et transmise de génération en génération.

En résumé

  • Le fauconnier ne décide ni du moment ni de l'issue : il prépare l'oiseau, choisit le terrain et lâche.
  • La relation avec l'oiseau repose sur le contrôle du poids de vol, ajusté quotidiennement.
  • Les prélèvements sont faibles et le taux d'échec élevé, ce qui distingue radicalement cette chasse des autres modes.
  • L'engagement quotidien est permanent : un rapace se travaille toute l'année, saison de chasse ou non.