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Le daim entre pour la première fois au plan de chasse de la Haute-Loire

Le daim entre pour la première fois au plan de chasse de la Haute-Loire
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L'ouverture générale de la chasse en Haute-Loire, fixée au dimanche 13 septembre 2026 et courant jusqu'au 28 février 2027, s'accompagne cette année d'une nouveauté administrative que peu de chasseurs attendaient : le daim figure pour la première fois parmi les espèces soumises au plan de chasse dans le département. Deux bracelets seulement ont été attribués, mais ils suffisent à faire entrer un cervidé de plus dans la comptabilité officielle du grand gibier altiligérien.

Deux bracelets pour l'ACCA de Saint-Just-Malmont

Selon La Commère 43, qui détaille les chiffres de la saison le 11 septembre 2026, c'est l'ACCA de Saint-Just-Malmont, commune située en limite du département de la Loire, qui a formulé la demande. Elle s'est vu attribuer deux bracelets de daim indifférenciés, dont le prix a été fixé à 50 euros lors de l'assemblée générale du 25 avril 2026.

Chasse Passion, qui relayait l'information dès le 8 septembre 2026, souligne qu'aucune attribution de ce type n'avait jamais figuré auparavant dans les tableaux départementaux. La demande n'est pas née de rien : le département voisin de la Loire attribuait déjà des bracelets de daim, et une population s'est installée de part et d'autre de cette limite administrative.

Ce que « entrer au plan de chasse » veut dire concrètement

Le plan de chasse n'est pas une autorisation générale de chasser une espèce : c'est un dispositif de contingentement qui fixe, territoire par territoire, un nombre maximal d'animaux prélevables. Le chemin suivi par le daim altiligérien est celui de tout gibier soumis à ce régime :

  • le détenteur du droit de chasse, ici une association communale de chasse agréée, dépose une demande d'attribution pour son territoire ;
  • la demande est instruite puis examinée en commission départementale de la chasse et de la faune sauvage ;
  • le préfet arrête les attributions, qui se matérialisent par des bracelets numérotés ;
  • chaque animal prélevé doit être marqué immédiatement, ce qui permet de recouper les prélèvements réels avec les attributions.

Autrement dit, l'espèce n'était pas « interdite » auparavant en Haute-Loire : elle n'existait tout simplement pas dans la nomenclature départementale, faute de demande. Le même raisonnement gouverne les espèces mieux installées, comme le montre le plan de chasse du chevreuil et ses classes d'attribution.

Un poids symbolique plus qu'un poids cynégétique

Rapportés au reste du tableau départemental, ces deux bracelets pèsent peu. Chasse Passion donne, pour la saison 2026-2027 en Haute-Loire, 4 745 bracelets de chevreuil répartis sur 25 massifs, 1 494 bracelets de cerf avec des hausses marquées dans la vallée de l'Alagnon et le massif de Combeneyre-Margeride, et un plan sanglier stable à 2 797 bracelets.

Deux bracelets de daim pour un département qui en distribue plus de 9 000 toutes espèces de grand gibier confondues : l'entrée du daim au plan de chasse est d'abord un acte de reconnaissance administrative.
EspèceAttributions 2026-2027 en Haute-LoireSituation
Chevreuil4 745 bracelets sur 25 massifsEn hausse
Sanglier2 797 braceletsStable
Cerf1 494 braceletsEn hausse sur deux massifs
Daim2 bracelets indifférenciésPremière attribution

Chiffres cités par Chasse Passion le 8 septembre 2026 pour le chevreuil, le cerf et le sanglier, et par La Commère 43 le 11 septembre 2026 pour le daim.

Battue, approche ou affût, mais tir à l'arc ou à balle

Les conditions de prélèvement rappelées par La Commère 43 sont celles du grand gibier : la chasse du daim y est ouverte de l'ouverture générale au dernier jour de février, en battue, à l'approche ou à l'affût, et le tir s'effectue à l'arc ou à l'arme à feu obligatoirement à balle. La grenaille est donc exclue, comme pour le chevreuil ou le cerf.

Pour l'équipe qui détient les bracelets, la difficulté est ailleurs : identifier sans hésitation un animal que la plupart des chasseurs du département n'ont jamais eu devant eux. Le daim se situe entre le chevreuil et le cerf élaphe par la taille, porte une robe le plus souvent tachetée et des bois palmés chez le mâle adulte — trois repères qui ne valent que si la bête est vue correctement, ce qui renvoie aux fondamentaux de la chasse à l'approche et à l'affût comme à la discipline de tir exigée en battue au grand gibier.

Une première attribution qui appelle un suivi

Le vrai enjeu des saisons à venir n'est pas le prélèvement de deux animaux : c'est la connaissance de la population. Une espèce non indigène qui s'installe localement pose exactement les questions que les gestionnaires posent au chevreuil ou au cerf depuis trente ans — effectifs, dynamique, impact sur les milieux et sur les cultures — et auxquelles répondent des outils comme les indicateurs de changement écologique.

Chasse Passion note d'ailleurs que cette première attribution pourrait ouvrir la voie à des demandes dans les massifs voisins. Si elles surviennent, la Haute-Loire devra construire pour le daim une doctrine de gestion qu'elle n'a pas encore : quelles catégories d'animaux viser, à quel rythme, et avec quel objectif de population.

Le reste de la saison altiligérienne s'ouvre par ailleurs dans un contexte discuté. La Commère 43 rappelle que malgré les demandes de report formulées par des associations au titre de la sécheresse estivale et de la fragilité de certaines espèces, aucune mesure de décalage n'a été prise dans le département, qui comptait 5 390 permis validés sur la saison 2025-2026.

D'après Chasse Passion, 08/09/2026, et La Commère 43, 11/09/2026.

Questions fréquentes

Le daim est-il une espèce indigène en France ?
Non. Le daim d'Europe a disparu du territoire français après les dernières glaciations et n'y est revenu que par l'intermédiaire de l'homme, dans des parcs et des enclos. Les populations libres observées aujourd'hui descendent pour l'essentiel d'animaux échappés de ces enclos, ce qui explique une répartition très inégale d'un département à l'autre.
Que signifie un bracelet de daim « indifférencié » ?
Un bracelet indifférencié n'impose ni le sexe ni la classe d'âge de l'animal prélevé : le détenteur peut l'apposer sur un mâle comme sur une femelle, adulte ou jeune. Les plans de chasse plus mûrs, comme ceux du cerf, distinguent au contraire les catégories pour piloter finement la structure de la population.
Un chasseur peut-il tirer un daim croisé lors d'une battue au sanglier ?
Non, pas sans attribution. Dès qu'une espèce est soumise au plan de chasse, son prélèvement suppose un bracelet attribué au territoire, et ce bracelet doit être apposé sur l'animal immédiatement après la mise à mort, sur le lieu même. Un tir sans bracelet constitue une infraction, quelle que soit la chasse en cours.
Pourquoi la Haute-Loire n'a-t-elle pas reporté son ouverture malgré la sécheresse ?
Le report de l'ouverture relève d'une décision préfectorale, prise département par département au vu de l'état des milieux et des populations. En Haute-Loire, aucune mesure de ce type n'a été retenue pour la saison 2026-2027, alors que plusieurs départements ont restreint ou décalé certaines chasses après l'été.
Combien de daims sont prélevés chaque année en France ?
Entre 1 500 et 2 000 animaux, pour une cinquantaine de départements concernés, selon les chiffres rapportés par La Commère 43 le 11 septembre 2026. C'est un ordre de grandeur très faible au regard du chevreuil ou du sanglier, ce qui range le daim parmi les gibiers marginaux à l'échelle nationale.

En résumé

  • L'entrée du daim au plan de chasse de la Haute-Loire tient en deux bracelets, mais elle acte administrativement la présence d'une espèce que le département ne comptait pas jusqu'ici parmi son grand gibier.
  • Le mécanisme suivi est celui de tout plan de chasse : une demande du détenteur du droit de chasse, un passage en commission départementale, puis un arrêté préfectoral d'attribution assorti de bracelets numérotés.
  • La population concernée se développe à la frontière de la Loire, département voisin où le daim faisait déjà l'objet d'attributions, ce qui explique la démarche de l'ACCA de Saint-Just-Malmont.
  • Pour le chasseur altiligérien, la conséquence pratique reste limitée mais réelle : un nouveau gibier figure au tableau possible, avec ses propres règles de tir et sa propre fenêtre de chasse.
  • La suite se jouera sur les demandes des massifs voisins, qui diront si cette première attribution reste isolée ou marque le début d'une gestion durable de l'espèce dans le département.