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Accidents de chasse 2025-2026 : quatre morts, un plancher historique, des incidents en hausse

Accidents de chasse 2025-2026 : quatre morts, un plancher historique, des incidents en hausse
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La saison 2025-2026 laisse un bilan contrasté. D'un côté, jamais l'Office français de la biodiversité (OFB) n'avait recensé aussi peu d'accidents de chasse mortels. De l'autre, les tirs qui atteignent une maison, une voiture ou un chien restent à un niveau élevé. L'établissement a publié son bilan des accidents et incidents de chasse à l'ouverture de la nouvelle saison, et annonce dans la foulée sa sixième opération nationale de contrôles.

Quatre-vingt-douze blessés, dont quatre tués

Selon le bilan de l'OFB pour la saison 2025-2026, 92 accidents ont fait 92 victimes : 4 tuées, 57 gravement blessées et 31 légèrement. Les chasseurs eux-mêmes représentent 89 % des victimes, une proportion proche de la moyenne observée sur vingt ans.

L'OFB rappelle que le nombre d'accidents a reculé de 49 % depuis 2006. Il souligne aussi que la courbe s'est aplatie : c'est la sixième saison consécutive sous la moyenne de vingt ans, fixée à 128 accidents par an, mais sans nouvelle baisse franche.

Quatre accidents mortels en 2025-2026, contre onze la saison précédente : selon l'OFB, c'est le chiffre le plus bas jamais enregistré, pour une moyenne de quatorze par an sur vingt ans.

Côté non-chasseurs, le bilan relève 10 victimes contre 16 la saison passée, dont 4 blessées gravement, et aucun décès pour la quatrième année d'affilée.

Le premier danger reste le chasseur pour lui-même

Le point le plus préoccupant du document tient aux auto-accidents, ceux où le tireur se blesse avec sa propre arme. D'après l'OFB, ils pèsent 39 % des accidents de la saison, contre 31 % en moyenne sur vingt ans, et ils concentrent trois des quatre accidents mortels. L'office en tire une conclusion pratique : le port de l'arme au poste comme en déplacement doit être appris et répété, au même titre que le tir.

Le bilan croise aussi les accidents avec le profil des auteurs. L'âge n'y apparaît pas comme un facteur de risque. En revanche, les titulaires d'un permis obtenu avant 2003, date de l'introduction des épreuves pratiques à l'examen, sont surreprésentés parmi les auteurs, et la formation décennale semble jouer un rôle positif, quoique plus modeste.

Grand gibier et petit gibier, deux profils d'erreur

Les chasses au grand gibier concentrent 66 % des accidents de la saison, contre 56 % en moyenne sur vingt ans, selon l'OFB. Leur cause principale ne varie pas : le tir dans l'angle des 30 degrés. Les manipulations d'armes arrivent en deuxième position, avec une part en hausse. Au petit gibier, où les accidents ont reculé de 60 % depuis 2006, l'erreur dominante est de tirer sans tenir compte de l'environnement (40 % des cas), devant les manipulations (20 %).

Indicateur (bilan OFB)Saison 2025-2026Point de comparaison
Accidents92128 par an en moyenne sur 20 ans
Accidents mortels411 la saison précédente
Victimes non-chasseurs1016 la saison précédente
Part des auto-accidents39 %31 % en moyenne sur 20 ans
Part du grand gibier66 %56 % en moyenne sur 20 ans
Incidents sans blessé12299 par an en moyenne sur 15 saisons

Des incidents au-dessus de la moyenne depuis trois saisons

L'OFB distingue l'accident, qui blesse une personne, de l'incident, qui touche un bien ou un animal domestique. Il en a dénombré 122 cette saison, au-dessus de la moyenne de 99 par an calculée sur quinze ans, pour la troisième saison consécutive. Selon le document, 90 % de ces incidents surviennent au grand gibier et 87 % sont des tirs directs, non des ricochets.

La distance moyenne des incidents relevée sur six saisons atteint 214 mètres, avec des cas proches de 2 000 mètres, toujours selon l'OFB : une balle de grand gibier reste dangereuse bien au-delà de ce que voit le tireur.

Le bilan consacre enfin un volet à la chevrotine, autorisée au sanglier en chasse collective dans 30 départements depuis deux saisons. Sur cette période, l'OFB compte 25 accidents lors de tirs de sangliers à canon lisse, dont 5 à la chevrotine (un mortel), et 3 incidents. La part reste limitée, mais elle mérite d'être suivie à mesure que l'usage s'étend.

Six semaines de contrôles à partir du 29 octobre

Pour la sixième année, l'OFB mènera une opération nationale coordonnée du 29 octobre au 14 décembre 2026 inclus. Lors de l'édition précédente, selon l'établissement, 1 445 missions ont permis de contrôler près de 10 000 chasseurs en dix-sept jours. Sur 475 infractions relevées, 247 touchaient à la sécurité. L'OFB cite en particulier :

  • le non-respect des prescriptions de sécurité du schéma départemental de gestion cynégétique ;
  • le transport d'armes non déchargées dans les véhicules.

Ces points se vérifient en quelques secondes au bord d'un chemin. Une arme déchargée et sous étui avant de monter en voiture, un angle des 30 degrés matérialisé au poste, un tir refusé quand l'arrière-plan n'est pas visible : ce sont aussi les gestes qui répondent aux causes d'accidents les plus fréquentes du bilan.

Sur l'organisation d'une traque sûre, voir notre fiche sur la battue, son organisation et ses règles de sécurité et notre article sur les rôles de responsable de chasse et de chef de ligne. Les contrôles peuvent désormais être filmés : notre point sur les caméras-piétons de l'OFB détaille ce que cela change. Nos articles de prévention sont regroupés dans la rubrique sécurité à la chasse.

D'après l'Office français de la biodiversité, bilan des accidents et incidents de chasse 2025-2026 et communiqué du 29/09/2026.

Questions fréquentes

Quelle différence l'OFB fait-il entre un accident et un incident de chasse ?
Un accident désigne une blessure corporelle causée par une arme de chasse, qu'elle soit légère, grave ou mortelle. Un incident correspond à un dommage matériel ou à un animal domestique touché, sans personne blessée. Les deux sont recensés séparément dans le bilan annuel.
Qu'appelle-t-on un auto-accident ?
C'est un accident où le chasseur se blesse avec sa propre arme, par exemple lors d'une chute, d'un franchissement d'obstacle ou d'une manipulation au chargement. Il n'implique aucun tiers. Sa part augmente dans le dernier bilan de l'OFB.
Comment matérialiser l'angle des 30 degrés à son poste ?
La méthode diffusée par l'OFB consiste à compter cinq pas en direction du voisin ou de l'élément le plus exposé, puis trois pas perpendiculairement, et à marquer ce point. Aucun tir ne doit partir à l'intérieur de l'angle ainsi délimité. Le marquage reste recommandé même quand le schéma départemental ne l'impose pas.
Que risque un chasseur après un accident grave ?
Au-delà des poursuites pénales, le directeur général de l'OFB peut prononcer une suspension administrative du permis de chasser. Selon le bilan, 38 suspensions ont été décidées sur la saison 2025-2026, dont 25 après une blessure grave ou mortelle.

En résumé

  • La saison 2025-2026 confirme la baisse de long terme des accidents de chasse, mais leur nombre global stagne depuis six saisons.
  • Le recul des décès est net, alors que le chasseur reste sa propre première victime : la manipulation et le port de l'arme sont devenus l'enjeu central.
  • Le grand gibier concentre deux tiers des accidents et 90 % des incidents, avec le tir dans l'angle des 30 degrés comme faute récurrente.
  • Les contrôles de l'automne viseront d'abord les règles du schéma départemental et le transport d'armes déchargées.