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Agrainage dans l'Aisne : les chasseurs rejettent l'interdiction à 63,7 %

Agrainage dans l'Aisne : les chasseurs rejettent l'interdiction à 63,7 %
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Le référendum organisé par la fédération départementale des chasseurs de l'Aisne a livré son verdict, et il va à l'encontre de la position que l'institution défendait tout l'été. Sur 2 250 bulletins, 1 433 se sont prononcés contre l'interdiction de l'agrainage du sanglier entre le 15 octobre et le 15 février, soit 63,7 %, contre 817 favorables au maintien de la mesure, selon Chasse Passion le 22 septembre 2026.

Le scrutin s'est tenu le samedi 19 septembre, la veille de l'ouverture générale, comme nous l'écrivions en annonçant la consultation des adhérents axonais sur l'agrainage. Le président Nicolas Hansen a indiqué qu'il prenait acte du résultat et qu'il porterait désormais la demande de levée de la disposition auprès de l'administration.

Un rejet net chez les votants, étroit dans le corps électoral

La participation mérite d'être regardée de près. La fédération compte environ 11 000 adhérents, et 2 250 d'entre eux ont voté, soit à peine plus d'un cinquième du corps électoral, comme le relève Chassons.com le 25 septembre 2026. Rapportées à l'ensemble des adhérents, les 1 433 voix hostiles à l'interdiction représentent environ 13 % des chasseurs du département.

1 433 voix contre l'interdiction, sur quelque 11 000 adhérents : le rejet est sans ambiguïté chez ceux qui ont voté, et minoritaire dans l'effectif total.

Ce double niveau de lecture explique pourquoi le résultat sera lu de deux façons. Les opposants à la mesure y verront un désaveu franc, à deux voix contre une. Ses défenseurs rappelleront que près de huit adhérents sur dix ne se sont pas exprimés.

RéponseVoixPart des votantsPart des adhérents
Contre l'interdiction1 43363,7 %environ 13 %
Pour l'interdiction81736,3 %environ 7 %
Non-votantsenviron 8 750—environ 80 %

Rien ne change au 15 octobre, et c'est l'essentiel à retenir

Un point mérite d'être dit sans détour, parce qu'il expose concrètement ceux qui se tromperaient : le vote ne modifie pas le droit applicable. L'interdiction figure dans le schéma départemental de gestion cynégétique 2026-2032, un document arrêté par le préfet après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, et c'est l'article L. 425-2 du code de l'environnement qui range expressément l'agrainage parmi les matières qu'il doit traiter.

Autrement dit, l'agrainage hivernal du sanglier reste interdit dans l'Aisne à compter du 15 octobre 2026, et le demeurera jusqu'à ce qu'une révision du schéma soit formellement arrêtée. Le chemin est balisé :

  • la fédération doit d'abord formaliser sa demande auprès des services de l'État ;
  • une modification du schéma suppose de repasser devant la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage ;
  • c'est ensuite au préfet d'arrêter, ou non, la version révisée ;
  • aucun délai n'est fixé par les textes, ce qui rend improbable une levée avant la fin de la saison 2026-2027.

Une fédération qui va défendre l'inverse de ce qu'elle avait voté

La séquence est inhabituelle. L'interdiction avait été actée par le conseil d'administration dès la fin 2025, avant l'élection de Nicolas Hansen à la présidence en juillet 2026. Celui qui en était devenu le visage public s'apprête donc à plaider son retrait, au nom d'un vote qu'il a lui-même provoqué.

Le fond du désaccord, lui, reste entier. La fédération soutenait qu'un apport alimentaire améliore l'état corporel des animaux et favorise leur reproduction, et que l'efficacité de l'agrainage contre les dégâts n'a jamais été démontrée de façon convaincante. L'argument est adossé à des chiffres têtus : 20 000 sangliers prélevés dans le département sur la dernière campagne, et deux millions d'euros de dégâts indemnisés malgré tout, selon Chasse Passion le 20 août 2026. Sur le terrain, beaucoup répondent que l'agrainage dissuasif, distribué en linéaire et en petites quantités, sert précisément à fixer les bêtes en forêt pour les éloigner des cultures, et qu'un sanglier privé de grain ira chercher sa ration ailleurs.

La fenêtre du 15 octobre au 15 février recouvre les semis d'automne et la saison des battues, deux moments où les torts se laissent facilement imputer. Le résultat de la campagne dira lequel des deux camps avait raison, et la réponse comptera bien au-delà de l'Aisne : elle pèsera dans le débat national sur l'indemnisation des dégâts de gibier que les fédérations disent à bout de souffle. Nos précédents articles sur la suspension du nourrissage du grand gibier dans l'Aisne et l'ensemble de notre suivi de la réglementation de la chasse retracent la chronologie de ce dossier.

D'après Chasse Passion, 22/09/2026, et Chassons.com, 25/09/2026.

Questions fréquentes

Puis-je agrainer dans l'Aisne après le 15 octobre 2026 en m'appuyant sur le résultat du vote ?
Non. Une consultation interne des adhérents n'a aucune portée juridique. L'interdiction figure dans le schéma départemental de gestion cynégétique arrêté par le préfet, et elle s'applique tant que ce document n'a pas été révisé.
Combien de temps peut prendre la révision d'un schéma départemental de gestion cynégétique ?
Les textes ne fixent aucun délai. La fédération doit saisir les services de l'État, la modification repasse devant la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, puis le préfet arrête ou non la version révisée. En pratique, cela se compte en mois.
Quelle différence fait-on entre agrainage dissuasif et nourrissage ?
L'agrainage dissuasif consiste à distribuer de petites quantités de grain en linéaire, pour fixer les animaux en forêt et les détourner des cultures voisines. Le nourrissage vise à soutenir l'état corporel ou les effectifs, avec des quantités plus importantes sur des points fixes. La frontière se joue sur les volumes, les points de distribution et la période.
Où lire les règles d'agrainage applicables sur mon territoire ?
Dans le schéma départemental de gestion cynégétique de votre département, arrêté par le préfet pour six ans et publié par la fédération départementale des chasseurs. Les arrêtés préfectoraux annuels peuvent en préciser les modalités. Les règles varient d'un département à l'autre.

En résumé

  • Le rejet est net chez les votants et minoritaire dans l'effectif : les 1 433 voix hostiles pèsent environ 13 % des adhérents de la fédération.
  • La fédération va donc défendre devant l'État l'inverse de ce que son conseil d'administration avait acté fin 2025.
  • Sur le terrain, rien ne bouge : l'agrainage hivernal reste interdit dans l'Aisne jusqu'à une révision formelle du schéma départemental, arrêtée par le préfet.
  • Aucun délai n'étant fixé par les textes, une levée avant la fin de la saison 2026-2027 est improbable.
  • Le désaccord de fond demeure : l'agrainage dissuasif éloigne-t-il le sanglier des cultures, ou soutient-il ses effectifs ?