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Gibier d’eau : la LPO demande le report de l’ouverture du 21 août

Gibier d’eau : la LPO demande le report de l’ouverture du 21 août
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La Ligue pour la protection des oiseaux a demandé au gouvernement, le 14 août 2026, de repousser l’ouverture anticipée de la chasse au gibier d’eau fixée au 21 août. L’association invoque une sécheresse qu’elle qualifie d’historique et la concentration de la faune sur les dernières surfaces encore en eau. La décision, elle, ne revient pas aux préfets : le calendrier national du gibier d’eau se règle par arrêté ministériel.

Un report demandé jusqu’à l’ouverture générale

Dans son communiqué du 14 août 2026, la LPO réclame « a minima » le report de l’ouverture anticipée du 21 août jusqu’à l’ouverture générale, qu’elle situe au 20 septembre. Le décalage porterait donc sur un mois entier, celui pendant lequel les canards et certains limicoles sont chassables alors que le reste du gibier ne l’est pas encore.

Son président, Allain Bougrain-Dubourg, en fait une question de choix politique plus que de calendrier. Cité par Le Télégramme le 14 août 2026, il estime que « ne pas ouvrir la chasse le 21 août n’est qu’une affaire de volonté ». L’association parle, dans le même texte, d’un « massacre et un dérangement sans précédent » de l’ensemble de la faune sauvage si l’ouverture était maintenue en l’état.

Les chiffres avancés à l’appui de la demande

L’argumentaire repose sur l’état hydrologique du pays. Selon la LPO, dans son communiqué du 14 août 2026, 43 % des cours d’eau français sont en assec ou en rupture d’écoulement, après trois vagues de chaleur depuis le début de l’été et un épisode précoce dès le mois de mai. L’assèchement des sols y est décrit comme généralisé et à des niveaux records, et l’association affirme que les zones humides suivent la même trajectoire.

Selon la LPO, le 14 août 2026, 43 % des cours d’eau français sont en assec ou en rupture d’écoulement, et l’assèchement gagne désormais les zones humides.

L’association souligne que les rares surfaces encore en eau rassemblent à la fois des espèces chassables — canards, certains limicoles — et des espèces protégées en nombre, citant les cigognes, les hérons et les spatules blanches. Selon ici.fr, qui reprend le baromètre 2026 de la LPO, les populations d’oiseaux suivies par l’association ont reculé de 18,2 % en vingt-cinq ans.

Qui fixe réellement la date du 21 août

C’est le point que les commentaires de l’été confondent le plus souvent. L’article R. 424-9 du code de l’environnement confie au ministre chargé de la chasse le soin de fixer par arrêté les dates d’ouverture et de fermeture pour les oiseaux de passage et le gibier d’eau, après avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage. Le préfet, lui, n’a pas la main sur ce plafond national : il peut le restreindre dans son département, jamais l’avancer.

Ce calendrier s’ouvre en trois temps, et le 21 août n’en est que le deuxième palier.

Milieu concernéOuverture 2026Qui décide
Domaine public maritime1er aoûtArrêté ministériel
Marais non asséchés, fleuves, rivières, canaux, réservoirs, lacs, étangs21 aoûtArrêté ministériel
Reste du territoireOuverture générale, située au 20 septembre par la LPOArrêté préfectoral, département par département

Ce qu’un report changerait sur le terrain

La portée de la demande est plus étroite que ne le laissent croire les titres. Trois conséquences pratiques méritent d’être posées noir sur blanc.

  • La chasse sur le domaine public maritime, ouverte depuis le 1er août 2026, ne serait pas touchée : la demande vise le seul palier du 21 août.
  • Ce palier commande précisément les milieux continentaux — marais, étangs, rivières, canaux —, c’est-à-dire ceux que l’assèchement frappe le plus durement.
  • Un report national ne se substituerait pas aux arrêtés préfectoraux déjà pris ici ou là sur l’usage de l’eau ou le risque d’incendie, qui continueraient de s’appliquer en parallèle.

Une demande qui s’ajoute à un été déjà chargé

Elle arrive dans une saison où les zones humides concentrent plusieurs arbitrages. Dans la Manche, la fédération départementale n’a obtenu qu’une dérogation étroite pour alimenter six mares à gabion malgré les restrictions d’eau. Au niveau national, deux espèces migratrices font l’objet de quotas de prélèvement soumis à consultation publique jusqu’au 19 août. Et la campagne de sauvagine reste encadrée par les règles sanitaires imposées aux appelants face à la grippe aviaire.

Le gouvernement avait par ailleurs indiqué, le 31 juillet 2026 selon ici.fr, que les préfets pourraient adapter le calendrier de chasse « au cas par cas » dans les zones incendiées. Cette souplesse départementale ne répond pas à la demande de la LPO, qui porte sur une date nationale et relève donc d’un autre étage de décision. Les suites, s’il y en a, se liront dans les arrêtés : c’est le fil que suit notre réglementation de la chasse.

D’après Le Télégramme et ici.fr, 14/08/2026.

Questions fréquentes

Le report demandé concernerait-il la chasse à la hutte et au gabion ?
La demande porte sur la date du 21 août 2026, qui commande la chasse sur les marais non asséchés, les étangs, les rivières et les canaux. Les postes fixes installés sur ces milieux seraient donc concernés si le report était accordé. Ceux qui relèvent du domaine public maritime, ouvert plus tôt, ne le seraient pas.
Comment savoir si ma commune est touchée par une restriction ?
Aucune restriction ne s’applique tant qu’un arrêté n’a pas été publié : la date nationale du 21 août reste en vigueur jusqu’à un éventuel arrêté ministériel modificatif. En parallèle, chaque préfecture peut publier ses propres mesures liées à la sécheresse ou au risque d’incendie. C’est le recueil des actes administratifs du département qui fait foi, pas les annonces relayées dans la presse.
Le gouvernement est-il tenu de répondre à une demande d’association ?
Non. Une demande formulée par communiqué n’ouvre aucun délai de réponse et n’a pas d’effet juridique par elle-même. Pour bouger le calendrier, le ministre doit prendre un arrêté après avis du Conseil national de la chasse et de la faune sauvage, ce qui suppose de saisir et de réunir cette instance.
Que se passe-t-il si une espèce protégée se pose sur un poste ouvert à la chasse ?
Elle reste protégée en toutes circonstances : cigognes, hérons et spatules blanches ne sont chassables à aucune date. L’argument de la LPO ne porte d’ailleurs pas sur le tir de ces oiseaux, mais sur le dérangement qu’ils subiraient en se retrouvant, faute d’eau ailleurs, sur les mêmes surfaces réduites que le gibier.

En résumé

  • La demande ne vise ni le domaine public maritime, ouvert depuis le 1er août 2026, ni l’ouverture générale : elle porte sur le seul palier du 21 août.
  • Ce palier commande les marais, étangs, rivières et canaux, c’est-à-dire les milieux que l’assèchement touche le plus fortement.
  • Trancher relève du ministre chargé de la chasse : la souplesse annoncée le 31 juillet 2026 pour les zones incendiées, confiée aux préfets, ne répond pas à cette demande.
  • À défaut de décision nationale, les restrictions continueront de se jouer département par département, comme dans la Manche avec les mares à gabion.