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Fontainebleau : la chasse rouvre, sans les zones brûlées ni leurs abords

Fontainebleau : la chasse rouvre, sans les zones brûlées ni leurs abords
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La forêt domaniale de Fontainebleau a rouvert sa saison de chasse à tir le samedi 10 octobre 2026, trois mois après les feux de juillet qui ont parcouru une partie du massif. Selon actu.fr (10/10/2026), la saison démarre sans le moratoire de trois ans réclamé par des élus bellifontains, mais avec une carte amputée : les secteurs brûlés et leurs abords restent hors chasse.

Le dossier illustre une question qui revient à chaque grand incendie forestier : faut-il laisser la faune en paix, ou continuer à réguler pour protéger la forêt qui doit repousser ? À Fontainebleau, les autorités ont choisi une voie médiane, fondée sur la géographie plutôt que sur le calendrier.

Une exclusion calée sur les zones fermées au public

Le principe a été posé dès la réunion publique du 18 septembre au théâtre municipal, rapporte actu.fr (22/09/2026). Le sous-préfet de Fontainebleau, Yannis Bouzar, y a annoncé qu'aucune action de chasse, à tir comme à courre, n'aurait lieu dans les zones incendiées. Des demandes avaient été déposées pour chasser les zones tampons ; elles ont été écartées par souci d'équité, puisque ces secteurs sont eux aussi interdits aux promeneurs.

Aucune action de chasse, à tir ou à courre, dans les zones fermées au public par arrêté préfectoral, ni dans les zones tampons qui les entourent.

Le critère retenu est donc simple à contrôler : là où le public n'entre pas, le chasseur n'entre pas davantage. La logique diffère de l'interdiction de chasse d'un an dans les zones brûlées du Var, où la mesure est bornée dans le temps. Le cadre juridique de ces décisions est détaillé dans notre article sur ce que le préfet peut suspendre dans les forêts brûlées.

Le paradoxe des zones refuges

Laisser des secteurs entiers sans chasse a un revers, que l'administration a elle-même pointé. Le sous-préfet évoquait dès septembre un risque de « surreproduction des ongulés » dans ces zones devenues tranquilles. L'ONF disait alors avoir observé des hardes de biches et de chevreuils dans les parcelles incendiées, le grand gibier ayant été relativement épargné par les flammes.

Or une forêt brûlée se reconstitue d'abord par ses jeunes pousses, exactement ce que les cervidés recherchent. Juliette Faivre, directrice de l'agence ONF Île-de-France Est, prévient selon actu.fr (10/10/2026) que des actions de chasse devront à terme être conduites dans les zones interdites, faute de quoi la concentration d'animaux compromettrait la régénération naturelle.

Pour le pratiquant, la conséquence est concrète : l'exclusion actuelle n'est pas une sanctuarisation définitive. Elle peut évoluer dès que les secteurs rouvriront au public ou que la pression du gibier deviendra visible sur les semis.

Cervidés : chasseurs et ONF ne lisent pas les mêmes comptages

Sur l'état des populations, les deux parties divergent. Benoît Chevron, président de la fédération des chasseurs de Seine-et-Marne, explique à actu.fr que la fédération souhaitait déjà, avant les feux, lever le pied sur les cervidés, jugeant leur population en légère baisse. Il plaide pour une « saison d'observation » et une adaptation des plans de chasse à venir.

L'ONF répond que ses comptages ne montrent pas de baisse. Le statu quo prévaut pour l'instant, avec un nouveau point annoncé. Le désaccord porte sur un outil précis, le plan de chasse :

  • il est établi en concertation entre l'ONF et les chasseurs, puis validé par la préfecture pour trois ans ;
  • il fixe un minimum et un maximum d'animaux à prélever par espèce ;
  • en Seine-et-Marne, il vise le cerf élaphe, le chevreuil, le daim et le cerf sika ;
  • le sanglier n'y est pas soumis, ce qui laisse sa régulation hors de ce débat.

Sur le sanglier, en revanche, tout le monde s'accorde : la fédération veut maintenir la pression, en invoquant les dégâts agricoles, la présence en ville et les collisions routières. Le sous-préfet faisait déjà état en septembre de demandes d'habitants liées à la prolifération de l'espèce.

La vénerie diffère d'elle-même sa reprise

La chasse à courre est ouverte en Seine-et-Marne depuis le 20 septembre, mais les deux équipages du massif n'ont pas découplé. Pierre-François Prioux, fondateur du rallye Tempête et présenté par actu.fr comme président de la Société nationale de vénerie, annonce selon actu.fr qu'aucun veneur ne sera en forêt avant novembre, et que certaines zones pourtant autorisées ne seront pas chassées avant janvier.

Les calendriers annoncés pour 2026-2027

Selon les informations publiées par actu.fr (10/10/2026), qui renvoie aux calendriers de l'ONF :

ForêtPériode de chasseJours
Forêt domaniale de Fontainebleau12 octobre 2026 – 15 mars 2027Lundi, jeudi, vendredi, samedi
Forêt domaniale des Trois-Pignons2 novembre 2026 – 22 février 2027Certains lundis
Forêt de la Commanderie3 octobre 2026 – 27 mars 2027Lundis, samedis et un jeudi de février

L'ONF a reconnu une erreur de cartographie : ses cartes en ligne laissaient croire que des journées se tiendraient sur des zones brûlées, ce qui n'est pas le cas. Avant de partir, mieux vaut donc confronter la carte à l'arrêté préfectoral de fermeture. Les modalités générales sont rappelées dans notre article sur les calendriers de chasse 2026-2027 des forêts domaniales, et les suites du dossier seront suivies dans la rubrique Territoires.

D'après actu.fr, 22/09/2026 et 10/10/2026.

Questions fréquentes

Un chasseur peut-il traverser une zone incendiée pour rejoindre son poste ?
Les zones brûlées sont fermées au public par arrêté préfectoral, et l'exclusion de la chasse s'aligne sur cette fermeture. Le chasseur y est donc soumis à la même interdiction d'accès que le promeneur. Il faut emprunter les itinéraires situés dans les secteurs ouverts.
Pourquoi le sanglier n'est-il pas concerné par le débat sur les quotas ?
En Seine-et-Marne, le plan de chasse s'applique au cerf élaphe, au chevreuil, au daim et au cerf sika. Le sanglier n'y est pas soumis, si bien que sa régulation ne dépend pas d'un nombre d'animaux attribués. La fédération peut donc plaider pour maintenir la pression sur cette espèce tout en demandant une pause d'observation sur les cervidés.
Les zones tampons resteront-elles fermées à la chasse toute la saison ?
Aucune durée n'a été annoncée : leur exclusion découle de leur fermeture au public. Si l'arrêté préfectoral levait l'interdiction d'accès, la question serait rouverte. L'ONF a par ailleurs indiqué que des actions de chasse devront à terme être menées dans les zones interdites pour éviter une concentration excessive de gibier.
Comment vérifier qu'une journée de chasse ne tombe pas sur une parcelle brûlée ?
L'ONF publie ses calendriers et cartes d'actions de chasse en ligne, mais a reconnu une erreur technique faisant apparaître des journées sur des zones incendiées. Le document qui fait foi est l'arrêté préfectoral délimitant les zones fermées. En cas de doute, le responsable de chasse du lot ou l'agence ONF peut confirmer le périmètre.

En résumé

  • Fontainebleau a choisi d'exclure la chasse par zones plutôt que de la suspendre pour une durée fixe.
  • Le critère est celui de l'accès du public : là où les promeneurs ne peuvent entrer, les chasseurs non plus.
  • Cette exclusion est appelée à évoluer, car une concentration de grand gibier dans les parcelles brûlées menacerait la régénération naturelle.
  • La pression sur le sanglier est maintenue, tandis que le sort des cervidés dépendra d'un nouveau point entre l'ONF et la fédération.
  • Avant toute sortie, la carte de l'ONF doit être confrontée à l'arrêté préfectoral, l'office ayant reconnu une erreur de cartographie.