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Var : la chasse interdite un an dans les zones brûlées de neuf communes

Var : la chasse interdite un an dans les zones brûlées de neuf communes
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Le préfet du Var a signé l'arrêté qui était en consultation depuis la mi-août : la chasse sera interdite pendant un an sur les surfaces boisées parcourues par les incendies de l'été, dans neuf communes du département. La mesure prend effet le dimanche 13 septembre 2026, jour de l'ouverture générale de la saison 2026-2027 dans le Var, selon Var Actu le 4 septembre 2026.

Le texte confirme la ligne annoncée en août, que nous avions détaillée quand la préfecture du Var mettait son projet d'arrêté en consultation. Mais il ne s'y superpose pas : le périmètre s'est élargi, et la durée, qui restait indéterminée, est désormais écrite.

Neuf communes, deux incendies, un an d'interdiction

L'interdiction porte sur les seules surfaces boisées incendiées de neuf communes : Les Arcs-sur-Argens, Barjols, Châteauvert, Correns, Cotignac, Montfort-sur-Argens, Pontevès, Taradeau et Le Val. Elle couvre deux sinistres distincts, celui du Gros Bessillon et celui des Arcs-Taradeau, là où le projet d'août ne visait que le premier.

Var Actu indique le 4 septembre 2026 que la décision a été prise après consultation de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, et que l'objectif affiché par les services de l'État est de favoriser le repeuplement de ces secteurs par le petit gibier. Concrètement, l'arrêté fixe quatre choses :

  • un périmètre limité aux surfaces boisées effectivement brûlées, et non aux communes entières ;
  • une durée d'un an, et non une suspension de quelques jours ;
  • une entrée en vigueur calée sur l'ouverture générale du 13 septembre 2026 ;
  • une dérogation maintenant la battue au sanglier.

Ce que l'arrêté signé ajoute au projet d'août

La comparaison des deux versions dit mieux que tout commentaire ce qui s'est joué pendant la consultation.

PointProjet mis en consultationArrêté signé
Incendies visésGros BessillonGros Bessillon et Arcs-Taradeau
Communes concernéesSeptNeuf
DuréeNon fixéeUn an
Entrée en vigueurNon fixée13 septembre 2026
Battue au sanglierMaintenueMaintenue

L'écart n'est pas cosmétique. Une interdiction d'un an à compter du 13 septembre 2026 court jusqu'au 13 septembre 2027 : elle avale la totalité de la saison 2026-2027 sur ces surfaces, et mord sur l'ouverture de la suivante. Un chasseur dont le territoire se trouve entièrement dans le périmètre perd deux ouvertures générales, pas une.

Le sanglier reste chassable, pour une raison agricole

La dérogation accordée à la battue au sanglier ne tient pas au statut de l'espèce mais aux dégâts qu'elle provoque. La préfecture la justifie par les dommages causés aux cultures, en particulier dans les exploitations situées en lisière des massifs incendiés, rapporte Var Actu le 4 septembre 2026.

Le raisonnement se vérifie sur le terrain. Un massif brûlé n'offre plus ni couvert ni nourriture : les compagnies se reportent sur les parcelles de bordure. Arrêter la battue au moment où le petit gibier a besoin de tranquillité reviendrait à laisser monter la pression sur les vignes et les vergers voisins, sans rien gagner pour la faune que l'on cherche précisément à protéger.

Une décision locale, dans un été où l'État a refusé le moratoire

Cet arrêté varois n'est pas un cas isolé : il est l'aboutissement le plus ferme d'une longue série. Selon une note ministérielle arrêtée au 1er septembre 2026 et citée par ICI le 3 septembre 2026, vingt-trois départements avaient pris au moins une mesure restreignant la chasse ou l'accès aux massifs depuis le début de l'été.

Vingt-trois départements avaient appliqué au moins une mesure restreignant la chasse au 1er septembre 2026, selon une note ministérielle citée par ICI.

Le même jour, le ministre délégué chargé de la Transition écologique Mathieu Lefèvre a évoqué au moins une vingtaine de préfets ayant pris de tels arrêtés, en assumant le choix de ne pas décréter de moratoire national malgré une pétition qui avait réuni environ 485 000 signatures. C'est exactement la logique que nous décrivions quand le gouvernement avait renvoyé la décision aux préfets : le Var en donne aujourd'hui la traduction la plus longue.

Ce qu'il faut vérifier avant le 13 septembre

Un arrêté de ce type se lit dans son annexe cartographique, jamais dans son titre. Deux territoires d'une même commune peuvent être traités différemment selon qu'ils ont brûlé ou non, et la limite ne suit ni les chemins ni les lots de chasse. Avant l'ouverture, la seule vérification qui vaille consiste à confronter le plan de son territoire au périmètre annexé, auprès de la mairie ou de la société de chasse.

Pour le reste, la mécanique juridique employée n'a rien d'inédit : elle relève des pouvoirs ordinaires du préfet, que nous avons détaillés dans notre article sur ce qu'un préfet peut suspendre dans les forêts brûlées. Les autres décisions de l'été sont regroupées dans notre rubrique Réglementation.

D'après Var Actu, 04/09/2026, et ICI, 03/09/2026.

Questions fréquentes

Les terrains non boisés de ces neuf communes sont-ils touchés ?
Non. L'arrêté vise les surfaces boisées parcourues par les incendies, pas l'ensemble du territoire communal. Les plaines, les cultures et les milieux ouverts de ces mêmes communes restent soumis au régime ordinaire de la saison, tel que le fixe l'arrêté annuel d'ouverture et de fermeture du département.
Les autres modes de chasse au sanglier restent-ils possibles sur ces surfaces ?
La dérogation rendue publique vise la battue au sanglier. Les autres modes de prélèvement de l'espèce ne sont pas mentionnés comme couverts par cette exception. Avant toute action de chasse dans le périmètre, il faut lire le dispositif de l'arrêté lui-même, qui seul fait foi.
Jusqu'à quelle date l'interdiction produit-elle ses effets ?
L'arrêté court un an à compter de son entrée en vigueur le 13 septembre 2026, soit jusqu'au 13 septembre 2027. Il couvre donc l'intégralité de la saison 2026-2027 sur les surfaces concernées et empiète sur le début de la saison suivante.
Un tel arrêté peut-il être contesté ?
Oui. Un arrêté préfectoral de chasse s'attaque devant le tribunal administratif, dans le délai de recours de deux mois, éventuellement assorti d'un référé destiné à en suspendre l'exécution. Les moyens le plus souvent soulevés portent sur la consultation préalable et sur la proportionnalité de la mesure au regard de son objectif.

En résumé

  • L'arrêté varois transforme un projet de fermeture en interdiction ferme d'un an, du 13 septembre 2026 au 13 septembre 2027.
  • Un territoire entièrement compris dans le périmètre perd donc deux ouvertures générales, et non une seule saison.
  • Le périmètre s'est élargi pendant la consultation, de sept à neuf communes et d'un incendie à deux.
  • L'exception accordée à la battue au sanglier confirme que la régulation prime sur la mise en repos dès que des cultures sont exposées.
  • Faute de moratoire national, ce sont ces arrêtés départementaux qui fixent la règle réelle, département par département.